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Construire ensemble sur le long terme : pourquoi la participation citoyenne doit devenir un moteur de la performance des politiques publiques régionales

Tribune d’opinion de Nelly Joachim-Eugene, Responsable, Service Transformation du secteur public

Les territoires français d’Outre-mer entrent dans une phase décisive : une réelle opportunité de concertation

Le renouvellement des mandats municipaux et intercommunaux depuis mars 2026 a, selon moi, ouvert l’une des rares fenêtres politiques que les collectivités locales ne peuvent se permettre de traiter comme un exercice routinier. Au début d’un mandat d’au moins six ans, les institutions disposent encore du temps, de la légitimité et de la flexibilité opérationnelle nécessaires pour établir des cadres de gouvernance capables de déterminer si les engagements politiques se traduiront en résultats concrets de politiques publiques. Pour les EPCI des Départements, Régions et Collectivités des Antilles-Guyane françaises, ce moment est particulièrement significatif.

Les documents stratégiques existent déjà. Les priorités politiques ont été largement définies. Les mécanismes de financement et les dispositifs d’appui institutionnel sont en place. Finalement, ce qui distinguera, les territoires performants des autres, ne sera pas nécessairement la quantité de plans produits, mais la qualité de leur coordination.

C’est précisément là, selon moi, que Unite Caribbean peut apporter une valeur significative.

Du chevauchement à la convergence : l’ingénierie comme point de départ

Dans de nombreux territoires, les collectivités lancent leurs mandats tout en gérant simultanément plusieurs cadres parallèles : contrats de progrès déjà en cours d’exécution, engagements de campagne centrés sur la transition écologique au sens large, et obligations réglementaires nationales évoluant selon leurs propres calendriers. Pris séparément, ces cadres peuvent sembler cohérents. La difficulté réside dans le fait qu’ils ont rarement été conçus pour fonctionner ensemble dès le départ.

Avec l’expérience, c’est souvent à ce stade que les institutions commencent à perdre en efficacité — non pas par manque d’ambition, mais parce que la convergence n’a pourrait être plus structurée. L’enjeu n’est donc pas de déterminer quel cadre est prioritaire, mais de construire une architecture opérationnelle capable de les aligner vers des objectifs communs.

Ce travail commence par une analyse rigoureuse : identifier les zones de convergence naturelle, repérer les tensions potentielles entre logiques concurrentes, et clarifier les espaces réels au sein desquels élus, équipes techniques, acteurs institutionnels et citoyens peuvent contribuer ensemble. Je suis convaincue que la concertation ne devient véritablement utile que lorsqu’elle dépasse la communication institutionnelle pour devenir un outil de pilotage et d’aide à la décision.

Cette phase, souvent la moins visible politiquement, est pourtant l’une des plus déterminantes. C’est également un domaine dans lequel Unite Caribbean a développé une expertise particulière à travers son accompagnement des institutions publiques dans la région Caribéenne.

La participation citoyenne : un levier de performance, pas seulement de légitimité

La concertation citoyenne est encore trop souvent abordée exclusivement sous l’angle de la démocratie participative. Cette dimension est essentielle, mais elle ne suffit plus. Il existe une autre réalité que les institutions doivent de plus en plus reconnaître : la participation est également un levier de performance opérationnelle. Les politiques co-construites avec les citoyens sont généralement plus applicables, plus résilientes et mieux comprises par les populations concernées.

Comme le rappelle la Direction interministérielle de la transformation publique, « associer les citoyens est un impératif de l’action publique », et les démarches participatives contribuent directement à la pertinence, à l’efficacité et à la légitimité des politiques publiques locales. Depuis 2023, des centaines de milliers de citoyens ont participé aux dispositifs de concertation nationale en France, illustrant une tendance désormais structurelle : la participation n’est plus périphérique, elle devient centrale.

Cette dynamique est également de plus en plus visible dans les territoires français d’Outre-mer, et il serait, selon moi, stratégiquement risqué de ne pas l’intégrer pleinement dès à présent.

Un exemple particulièrement marquant, à mes yeux, est la consultation Guadeloupe Durable, mise en œuvre conjointement par l’État et la Région Guadeloupe avec l’appui de Unite Caribbean et du cabinet Ernst & Young. Plus de 6 300 habitants y ont participé, générant plus de 800 propositions et 113 000 votes en deux mois. Au-delà des chiffres, cette expérience montre surtout une chose : lorsqu’elles sont correctement conçues, les démarches de concertation produisent des contributions citoyennes directement exploitables en matière de décision publique.

Un tel engagement citoyen ne relève pas du hasard. Il résulte de la méthodologie, de la qualité de l’animation, de la confiance institutionnelle et d’une réelle volonté d’intégrer les retours dans les processus de gouvernance. Cette consultation demeure, pour moi, une référence importante de ce que peut produire une ingénierie participative structurée, lorsqu’elle est menée avec rigueur et dans une logique de collaboration réelle.

Figure 1 Résultats de la participation citoyenne de 2024 en Guadeloupe

Les indicateurs de terrain continuent de renforcer cette orientation. Les enquêtes présentées par la Commission nationale du débat public montrent que les citoyens ont tendance à percevoir positivement le débat public lorsqu’il est conduit de manière transparente et en amont des processus de décision. De même, l’Organisation de coopération et de développement économiques souligne à plusieurs reprises qu’une participation effective améliore la confiance dans les institutions et renforce le soutien des citoyens aux réformes.

Figure 2- Thématiques proposées par les participants – Make.org

Une ingénierie participative pensée pour nos réalités locales

Un des principaux défis de la concertation publique dans la Caraïbe réside selon moi dans le fait que les méthodologies sont trop souvent importées sans adaptation suffisante aux réalités territoriales. L’ingénierie participative ne peut fonctionner efficacement que si elle est ancrée dans les réalités institutionnelles, géographiques et sociales des territoires dans lesquels elle est déployée.

C’est pourquoi l’approche mise en œuvre par Unite Caribbean repose sur plusieurs phases complémentaires.

  • * La première est analytique : cartographier les cadres de gouvernance, identifier les marges de manœuvre décisionnelles réalistes et structurer les questions posées aux parties prenantes.
  • * La deuxième est participative : organiser des ateliers multi-acteurs différenciés selon les niveaux de décision — élus, cadres dirigeants, équipes techniques, partenaires institutionnels, organisations de la société civile, acteurs économiques et représentants communautaires — tout en tenant compte des contraintes de mobilité et de coordination propres aux territoires insulaires et dispersés.
  • * La phase finale est opérationnelle : produire des livrables directement intégrables dans les outils de planification et de gouvernance existants, notamment les plans pluriannuels d’investissement, les cadres organisationnels et les feuilles de route de mise en œuvre.

Je suis convaincue que les démarches de participation citoyenne ne deviennent de véritables garanties de succès que lorsqu’elles s’appuient sur une conception rigoureuse, une facilitation de qualité et un engagement sincère en faveur du retour d’information et de la transparence. Une concertation sans structuration produit souvent de la frustration. Une concertation intégrée à la gouvernance peut, elle, produire de la transformation.

Ce qui distingue également Unite Caribbean, selon moi, c’est sa proximité territoriale. Sa présence permanente en Guadeloupe et en Martinique, son engagement régulier en Guyane et à Saint-Martin, ainsi que son expérience régionale plus large, lui confèrent une compréhension opérationnelle des dynamiques institutionnelles locales que de nombreux cabinets externes ne peuvent pas facilement reproduire. Dans des territoires où les cultures de gouvernance et les sensibilités locales diffèrent fortement d’une région à l’autre, cet ancrage fait une réelle différence.

Qu’est-ce que ce contexte rend possible ?

Les élections municipales et intercommunales de 2026 devraient, selon moi, être comprises comme bien plus qu’une transition politique classique. Elles offrent aux collectivités locales l’opportunité de placer la transition écologique, la réforme de la gouvernance et la participation citoyenne au cœur de la gestion territoriale dès le début du mandat, plutôt que comme des mécanismes correctifs introduits a posteriori.

Les outils existent déjà. Les méthodologies existent. La dynamique institutionnelle existe. La véritable question est de savoir si les collectivités sont prêtes à structurer la participation non pas comme un exercice symbolique, mais comme une composante centrale de la performance des politiques publiques.

C’est cette dynamique que le Département Transformation Publique de Unite Caribbean entend accompagner, depuis l’analyse stratégique des cadres de gouvernance jusqu’à la co-construction de feuilles de route opérationnelles, en passant par l’animation des processus participatifs et l’appui à la mise en œuvre ancré dans les réalités des territoires caribéens.

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Promouvoir la coopération entre villes et localités de la Caraïbe pour un développement économique, social et durable à l’échelle régionale

Perspectives de Unite Caribbean Consulting sur la promotion de la coopération entre les villes et les localités des Caraïbes

Le bassin caribéen est marqué par une forte fragmentation géographique et institutionnelle, ainsi qu’une forte vulnérabilité aux crises économiques, sociales et climatiques. Les villes et localités concentrent l’essentiel des dynamiques économiques et sociales, tout en assurant des services publics essentiels et souvent avec des moyens limités.

La coopération entre villes et localités apparaît alors comme un levier pour mutualiser l’ingénierie locale, partager des stratégies de développement et accéder à des financements régionaux ou internationaux, en vue d’articuler les réponses aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux.

En 2017, Haïti a accueilli, avec le soutien de Unite Caribbean, plus de 400 participants issus de localités de l’ensemble du bassin caribéen, lors d’un forum visant à faire émerger des pistes de coopération à l’échelon local.

Nos territoires étant en première ligne des effets négatifs du changement climatique, particulièrement les territoires insulaires, il s’agit de dépasser les frontières administratives et requière la construction de réponses adaptées et coordonnées à l’échelle régionale.

Ces constats prennent tout leur sens lorsqu’on observe les coopérations déjà engagées dans la Caraïbe, auxquelles Unite Caribbean a eu l’opportunité de contribuer via la réalisation d’études, d’assistance technique et de montage de projets, lui conférant une expertise sur les dynamiques caribéennes de coopération entre villes.

Étude sur les villes jumelées de la Caraïbe, 2023–2024, SEM Defia (Lamentin, Martinique)

La réalisation de cette étude par nos consultants a permis d’identifier plus d’une centaine de projets de coopération décentralisée impliquant au moins trente-neuf villes et localités du bassin caribéen :

  • * + de 70 % des projets concernent directement enjeux majeurs de développement local (éducation, formation, développement économique, environnement, climat…)
  • * 30 % des projets concernent la culture et le patrimoine.

La coopération entre villes et localités répond à des besoins concrets liés à la gestion durable des territoires.

Ces partenariats ont mis en avant différentes dynamiques :

  • * Les partenariats de long terme, axés davantage sur la continuité politique, la formalisation des engagements et l’existence de relais techniques au sein des administrations locales sont des facteurs déterminants de réussite (ex : Martinique, Guadeloupe, Haïti, Jamaïque, Cuba, Suriname…)
  • * Les coopérations reposant uniquement sur des accords généraux, sans objectifs opérationnels ni mécanismes de suivi, peinent à produire des effets durables.

Les missions d’accompagnement menées par Unite Caribbean dans le cadre projets de coopération régionale illustrent la matérialité de ces dynamiques.

La coopération entre la ville de Pointe-à-Pitre et la commune de Tabarre en Haïti

        Ce projet était axé sur les défis de l’aménagement urbain, la mobilité, la gestion des déchets et la résilience face aux risques naturels, communs aux deux localités.   Unite Caribbean a facilité la mise en œuvre d’échanges institutionnels, de missions techniques et immersions croisées, suivies par des actions de capitalisation permettant ainsi le renforcement des capacités locales et l’accès à des financements complémentaires.

        Les coopérations croisées entre Port of Spain (Trinidad et Tobago), Georges Town (Guyana) et Kingston (Jamaïque)

          Ce projet était centré sur le renforcement du développement économique et des dynamiques socio‑culturelles au travers des échanges intra-caribéens.

          Unite Caribbean a facilité la mise en place d’échanges culturels et scolaires entre les jeunes de l’espace caribéen, et d’échanges de pratiques administratives entre collectivités, favorisant la connaissance mutuelle et une coopération active entre ces différents systèmes administratifs.

          La coopération de CAP Nord Martinique avec les acteurs culturels autochtones de la Caraïbe

          Ce projet portait sur le développement de partenariats avec des structures privées du secteur culturel, expertes dans la valorisation du patrimoine autochtone.

          Unite Caribbean, mobilisé dans la cadre du dispositif DCOL de Cités Unies France, a mis à disposition une ingénierie de projet structurée : diagnostic partagé, identification des partenaires, élaboration d’un cadre logique, construction d’une maquette budgétaire et définition d’un cadre de gouvernance adapté à un réseau régional.  Ces étapes, souvent sous-estimées, conditionnent pourtant la crédibilité et la soutenabilité financière des projets auprès des financeurs.

          Par ailleurs, nous avons pu constater le rôle stratégique des financements locaux, même modestes : ils amorcent les projets en couvrant l’ingénierie, les diagnostics, la mise en réseau et la capitalisation — indispensables pour ensuite accéder à des financements externes plus conséquents.

          Vers une coopération des villes et localités caribéennes plus structurée et à fort impact

          Les expériences analysées mettent en évidence le potentiel significatif que revêt la coopération entre localités caribéennes, encore insuffisamment exploité.  Pour renforcer son impact, la coopération gagnerait à se concentrer sur des enjeux à haute valeur régionale tels que la résilience urbaine, la gestion des risques, le changement climatique, les déchets et l’économie circulaire ou encore la valorisation du patrimoine et des industries culturelles.

          Ce retour d’expérience nous a permis d’identifier de potentiels outils à mettre en place pour renforcer l’impact de cette coopération entre villes :

          • * Un observatoire régional des villes localités caribéennes et du suivi des coopérations pour documenter les initiatives et favoriser les apprentissages croisés ;
          • * Des dispositifs techniques et financiers régionaux multi-financeurs dédiés à la coopération des villes et localités couplant financement de projets et assistance technique aux autorités locales
          • * Des référentiels communs pour guider les projets (accords, cadres logiques, indicateurs), dans une logique de professionalisation des démarches et de renforcement de la crédibilité auprès des financeurs.

          Enfin, la durabilité des coopérations dépend de leur ancrage institutionnel et social : élus, agents, universités, réseaux professionnels, société civile et diasporas jouent un rôle clé pour assurer la continuité des partenariatsau‑delà des cycles politiques.

          Recherche et analyse réalisées par le département PST d’Unite Caribbean Consulting (Yorick Names, Francesse Philippe et Damien Bauchau)

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          Étude diagnostic et cartographie d’acteurs pour le projet « P2RNA » : renforcement de la prévention des risques et de la résilience en Guyane et en Guadeloupe

          Le projet P2RNA répond à la nécessité d’intégrer durablement des stratégies de prévention, d’adaptation et de continuité des activités dans des territoires marqués par l’isolement géographique et des contraintes structurelles.

          Pour soutenir cet effort, Unite Caribbean va :

          1. Identifier un groupe d’associations cibles (environ 20) ayant un fort impact social et capables de s’engager dans un processus de renforcement des capacités.
          2. Recenser les principales parties prenantes (institutionnelles, techniques et de la société civile) et documenter les initiatives existantes dans le domaine de la prévention des risques.
          3. Définir les critères d’éligibilité et formuler des recommandations afin d’ancrer le projet Emergence Caribbean dans les réalités locales, en tenant compte des dynamiques existantes et des agendas des parties prenantes, tout en produisant un document de référence pour soutenir les efforts de collecte de fonds pour le projet.

          Pour plus d’informations, veuillez contacter Yorick Mames.

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          Assistance technique pour le développement du projet de cooperation internationale « Renaissance d’un village amérindien » – Cap Nord Martinique

          Le projet « Village indigène » s’inscrit dans la stratégie internationale de CAP Nord Martinique, élaborée avec le soutien du mécanisme DCOL. Il s’aligne sur l’ambition de promouvoir une identité caribéenne commune à travers la préservation du patrimoine indigène.

          ► L’approche repose sur la co-construction d’un réseau caribéen de partenaires culturels, scientifiques et institutionnels axés sur la transmission du savoir-faire, la médiation culturelle et l’éducation au patrimoine.

          ► Le soutien demandé vise à structurer le projet en vue d’une candidature INTERREG CARIBBEAN : élaboration du cadre logique, planification financière, identification des partenaires et mise en place d’un système de suivi et d’évaluation.

          Unite Caribbean est chargé de former l’équipe du projet, de renforcer la structuration de la candidature INTERREG et de soutenir la coordination d’un réseau caribéen engagé.

          Le principal défi consiste à mettre en place un projet de coopération solide et cohérent, intégrant un cadre logique clair, des indicateurs pertinents et des liens étroits entre le patrimoine, l’éducation, le dialogue interculturel et des résultats tangibles pour les territoires partenaires.

          Pour plus d’informations, veuillez contacter Yorick Mames.

          Campagne KnowYourRights Sainte Lucie

          Lancement de la campagne #KnowYourRights pour mettre fin à la violence fondée sur le genre à Sainte-Lucie

          La campagne #KnowYourRights pour mettre fin aux violences basées sur le genre à Sainte-Lucie a été officiellement lancée lors d’une conférence de presse à la résidence de l’ambassadeur de France ce matin. Cette campagne de communication nationale vise à sensibiliser le public, et plus particulièrement les femmes et les jeunes filles de Sainte-Lucie, victimes de violences.

          Atelier communication à Saint Martin

          Formation en communication pour deux associations de Saint Martin

          Dans le cadre du projet de renforcement des associations de Saint Martin soutenu par la Fondation de France, Unite Caribbean a organisé une formation en Communication pour deux associations de Saint Martin.

          Réunissant une vingtaine de participants, l’atelier visait à former les participants aux techniques d’écoute et de communication, en interne et avec leurs usagers. 

           

          formation communication Saint Martin

          Les deux associations font partie du dispositif de soutien personnalisé mis en place dans le cadre du projet.

          D’autres formations de ce type ont pu avoir lieu au cours des derniers mois, sur des sujets de renforcements ciblés variés, pouvant toucher à  communication avec les femmes vulnérables, aux bonnes pratiques de gestion financière ou encore à des problématiques de gouvernance.

          Visitez la fiche projet pour en savoir plus.